Interview #girlsforchange : Coline – EllesSurf

Quand cinq nanas se rencontrent par hasard sur les vagues de la côte landaise, elles échangent rapidement et décident de se retrouver pour partager leurs sessions glisse. À force de voir grandir leur petit groupe, en invitant les amies de chacune, puis les amies des amies, elles ont eu envie d’aider encore plus de filles à se retrouver et  fondent alors EllesSURF. Leur mission ? Mettre l’effet de groupe et la solidarité au service du surf féminin, pour encourager toujours plus de filles et de femmes à se lancer, à oser, mais surtout à profiter. 

Le partage, les connexions, c’est aussi ce qui a permis à EllesSURF de se faire connaître. Un groupe Facebook, une page Instagram et le réseau de chacune des membres … l’association a bien grandie jusqu’à devenir une référence dans la région.  Rencontre avec Coline, cofondatrice d’Ellessurf, enfant des îles et désormais opticienne sur la côte basque, surfeuse depuis son plus jeune âge et vice-championne du monde de longboard en 2009. Oui, rien que ça !

Qui sont les membres d’Ellessurf ? 

Aujourd’hui, l’association compte près de 400 adhérentes à l’année, de tout âge – à condition d’être majeure – et de tous niveaux. Des landaises, mais aussi des vacancières, des longboardeuses, des shortboardeuses, des rideuses de Lacanau près de Bordeaux ou encore de Bretagne. Autant de profils différents, toutes animées par cet amour de l’océan et l’envie de partager de bons moments ensemble.

Pourquoi surfer à plusieurs ? 

Le surf a une image de sport plutôt solitaire. Et encore aujourd’hui, même s’il est de plus en plus accessible, il y a encore beaucoup de filles n’osent pas se lancer ou bien n’ont pas suffisamment confiance pour y aller seules lorsque les conditions ne sont pas optimales, alors ça crée des inégalités. Avec EllesSURF, nous voulons donner l’opportunité à nos adhérentes de découvrir le surf, prendre confiance ou progresser. Ensemble, on se pousse, on s’encourage, on s’entraide, toujours avec beaucoup de bienveillance et dans la bonne humeur, pour permettre à chacune de prendre confiance et un maximum de plaisir ! 

Quels types d’événements organisez-vous ? Est-ce qu’il s’agit toujours de surf ?

Les rendez-vous EllesSURF ont souvent lieu dans l’eau, mais pas seulement . On organise aussi d’autres activités découvertes et on se retrouve parfois autour d’un verre. Ces évènements permettent aussi de créer des liens, des amitiés qui motivent d’autant plus nos adhérentes à se retrouver pour surfer.

Quelle est la chose dont vous êtes les plus fières ?

Je pense qu’une de nos vraies fiertés est d’avoir réussi, et de réussir encore aujourd’hui, à motiver des débutantes à passer le cap et à aller surfer. On est devenues un vrai petit réseau de surfeuses et, quel que soit le niveau, on accueille toujours les nouvelles avec grand plaisir. D’ailleurs, rien que parmi les cinq co-fondatrices, nous sommes toutes très différentes. Chacune a son mode de vie et plus ou moins de facilité dans le surf. Cette hétérogénéité fait aussi que n’importe qui peut se reconnaître dans nos histoires et donc se motiver à nous rejoindre ! 

Le 11 septembre prochain, vous organisez un vide-quiver lors de l’événement Make Some Waves! en soutien à the Paddle-paddle Surf Project, qu’est-ce qui vous a motivé ? 

Avec Paddle-paddle, nous partageons les mêmes valeurs, de bienveillance, de solidarité, d’engagement. Et en tant que surfeuses, ça nous a semblé assez évident de vouloir aider ! Le vide-quiver, par la vente de matériel de seconde main, est notre façon de participer à rendre le surf accessible à toutes. Ce sont en partie nos membres qui vont vendre leur propre matériel. Quand ils nous ont parlé de leur projet, pour promouvoir la culture surf féminine dans le monde, ils n’ont pas eu beaucoup de mal à nous convaincre.

Soutenir le surf féminin dans le monde, c’est quelque chose qui te touche personnellement ? 

Forcément. En tant qu’ancienne surfeuse professionnelle, j’ai eu la chance de beaucoup voyager lors de compétitions internationales et avec mes sponsors, il y a une dizaine d’année . De l’Australie, à Hawai,et surtout sur l’île d’Hainan en Chine, au Nicaragua, au Mexique, à Madagascar et au Maroc, j’ai pu ressentir des inégalités dans le surf. La plupart des surfeuses que je croisait n’étaient pas des locales et bien souvent la raison de leur absence au milieu des vagues n’était pas un manque de confiance ou de motivation, mais plutôt de culture, de moyen, et parfois de religion. 

Et en France, on en est où côté égalité des chances dans le surf ? 

Quand j’ai commencé le surf en tandem avec mon papa, il y a 25 ans, il n’y avait presque aucune fille dans l’eau. Le « boom » des filles dans le surf date d’environ cinq ans, on gagne du terrain. Comprendre qu’en France, en tant que femmes, nous sommes privilégiées en termes d’accès au surf, et du sport en général, c’est aussi comprendre qu’on n’a aucune raison de ne pas oser. 

Enfin, qu’aimerais-tu dire à une fille qui aimerait se lancer dans le surf ?

Le surf est un sport assez ingrat. Les débuts sont difficiles, l’équilibre sur la planche est dur à trouver alors il faut être motivée et patiente, car c’est avec l’expérience qu’on progresse. Pour garder tout le plaisir de la glisse, rien de mieux que de le partager avec un groupe de copines ou encadrer par un club de surf. Ça rassure et on se marre plus lors de grosses gamelles.

VENEZ RENCONTRER COLINE AU MAKE SOME WAVES! #GIRLSFORCHANGE

LE 11 SEPTEMBRE AU JO&JOE D’HOSSEGOR !

📝 Romy Leick @romy_lck
📷 Coline, Sébastien Zanella, Mosy Photo

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